Saturday, 14 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 27-29

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 103-104]

   Supposons à présent que les trois Cantons au lieu d’avancer un salaire nécessaire plus considérable en lieu, avancent précisément le même qu’en 1799, toutes les antres circonstances restant les mêmes, leur bilan sera comme suit:

Revenus.Dépenses.Epargnes.
de A.6,000,000.6,000,000000.
de B.6,150,000.5,900,000250,000.
de C.5,850,000.6,000,000Defic. 250,000.

   Auquel cas le premier reste stationnaire, le second s’enrichit et le troisième se ruine.
   Supposons enfin que les trois cantons se ruinent chacun consacrant en 1800, 400,000l. de moins au salaire nécessaire qu’il ne faisoit [faisait] en 1799, leur bilan pour cette année sera comme suit:

Revenus.Dépenses.Déficit.
de A.6,000,000.6,400,000.400,000.
de B.6,150;000.6,300,000.150,000.
de C.5,850,000.6,400,000.650,000.

[Translation]

   Next, let us suppose that the three cantons make an advance of the same sum on necessary wages in 1800 as in 1799, instead of the larger sum. Given that all other circumstances remain the same, their balance will be as below.

RevenueExpenditureSaving
A6,000,0006,000,0000
B6,150,0005,900,000250,000
C5,850,0006,000,000-250,000

   In this case, the first remains stationary, the second is ascending, and the third declining.
   Lastly let us suppose that the three cantons are declining, each allotting 400,000l. less for necessary wages in 1800 than in 1799. Then their balance in the year of 1800 will be as below.

RevenueExpenditureSaving
A6,000,0006,400,000-400,000
B6,150,0006,300,000-150,000
C5,850,0006,400,000-650,000

Friday, 13 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 26

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 102-103]

   Que le canton C. fasse aussi un commerce avec l’étranger, mais tel que sa consommation surpasse sa production pour la valeur de 250,000 l. en sorte qu’if emprunte des étrangers cette somme en marchandises, par delà celles qu’il obtient d’eux par des échanges; le produit de son travail en 1800 n’arrivant à valoir que 9,750,000 l., en suivant la même proportion, nous devons supposer que le salaire nécessaire avancé par lui en 1799, ne montoit [montait] qu’à 3,900,000l. Si comme les deux autres il avance en 1800, l. 400,000 de plus que l’année précédente, en salaire nécessaire, l’économie qu’il aura faite dans l’année ne sera que de 150,000l. tandis que A. en aura fait une de 400,000l. et B. une de 650,000l. car dans cette première supposition le bilan de ces trois cantons est comme suit:

Revenus.Dépenses.Epargnes.
de A.6,000,000.5,600,000.400,000.
de B.6,150,000.5,500,000.650,000.
de C.5,850,000.5,700,000.150,000.

[Translation]

   Suppose that canton C also trades with foreign countries, but that its consumption is over its production by the value of 250,000l., so that it borrows from them the sum in the form of commodities, as well as it obtains commodities from them in exchange. The produce of its labour in 1800 amounts to as small as 9,750,000l., and we should, according to the same proportion, suppose that the necessary wages advanced by it in 1799 amounted only to 3,900,000l. If, in 1800, like the two others, canton C makes an advance of 400,000l. more than in the previous year, it will make only a saving of 150,000l. in the year, while canton A will make a saving of 400,000l., and B of 650,000l., for the balance of these three is as below according to these suppositions.

RevenueExpenditureSaving
A6,000,0005,600,000400,000
B6,150,0005,500,000650,000
C5,850,0005,700,000150,000

Thursday, 12 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 24-25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 100-102]

   Que le Canton A. ne commerce point avec l’étranger, sa production sera par conséquent égale à sa consommation; qu’en 1799 les capitalistes qu’il contient aient avancé quatre millions en salaire nécessaire, ce qui leur a produit en 1800 un travail fait valant dix millions, soit six, millions de revenus à répartir entre tous les habitan[t]s; si en 1800 le Canton consacre 4,400,000 l. au salaire nécessaire, il s’en faudra de 400,000 liv. qu’il ait mangé tout son revenu, aussi aura-t-il d’après la même proportion onze millions de produit brut en 1801. soit 6,600,000 l. de revenu, et ainsi de suite.
   Que le Canton B. commerce avec l’étranger, de telle sorte que sa, production surpasse sa consommation, et qu’il vende au dehors pour 250,000 l. de plus qu’il n’en retire, si bien qu’il reste créancier des étrangers pour cette somme: Que le produit de son travail valant 10,250,000 l., soit le fruit d’un salaire nécessaire de 4,100,000 l. avancé en 1799 (6). En 1800 sa consommation ne montant qu’à 10 millions il aura économisé la créance qu’il aura faite à l’étranger. S’il peut de plus comme le Canton A. consacrer 400,000 l. à augmenter le salaire nécessaire, il sera plus riche que ce premier, de toute la valeur de sa créance.

[Translation]

   Suppose that canton A has no trade with any foreign country, and its production will consequently equal its consumption; in 1799 capitalists in the canton had made an advance of 4,000,000l. on necessary wages, which made that labour performed for them in 1800 whose value was 10,000,000l., that is, which produced the revenue of 6,000,000l. to be distributed among all the habitants; if in 1800 the canton allots 4,400,000l. for necessary wages, it will consume less than the whole revenue by 400,000l., and therefore will have the gross produce of 11,000,000l. in 1801 according to the same proportion; that is, the revenue will be 6,600,000l., and so forth.
   Suppose that canton B trades with foreign countries, so that its production is over its consumption, and that it sells 250,000l. more to them than it buys from them, so that it is a creditor against them by the sum. Suppose, furthermore, that the produce of its labour, whose value is 10,250,000l., is from the necessary wages of 4,100,000l., which was advanced in 1799 (6). In 1800, its consumption will amount to as small as 10,000,000l., and will have had the credit which it will give to the foreign countries. If it can allot 400,000l., like canton A, for addition to the necessary wages, canton B will be richer than the canton A by as much as the value of the credit.

Wednesday, 11 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 22-23

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 99-100]

   Comme cette manière de présenter la balance nationale est absolument nouvelle, qu’elle est fort importante bien saisir, et faut chercher à dissiper toute l’obscurité qui peut l’envelopper encore, nous représenterons par des chiffres le revenu, les dépenses, le salaire nécessaire, et les créances, que noue supposerons à de petites nations, pour expliquer les différentes altérations que peut subir la balance de leurs revenus.
   Supposons qu’il existe trois Cantons ou petits peuples marchands, dont la consommation soit précisément égale, celle de chacun d’eux montant en l’an 1800 à dix millions de livres. Désignons ces trois Cantons par les lettres A. B. et C. D’après le système des économistes, et même d’après celui de plusieurs mercantiles, la consommation est la mesure de la reproduction, en sorte que ces trois peuples devroient [devraient] se trouver au même degré de prospérité; cependant nous allons voir au contraire qu’avec une consommation égale, selon que leur industrie s’accroît ou se ralentit, selon aussi l’état de leurs créances ou de leurs dettes envers les étrangers, chacun de ces peuples peut avancer un plus ou moins grand salaire nécessaire, et jouir d’un plus ou moins grand revenu.

[Translation]

   This formulation of the national balance is completely new, its full understanding is very important, and you need to try to dispel all obscurities which may still haunt it. Therefore we will represent by numerical examples the revenue, the expenditure, the necessary wages and the external credit. Then we will suppose small nations, in order to explain the variety of alterations to which the balance of their revenue can be subject.
   Let us suppose that there existed three cantons, or small commercial nations, that they were equal in consumption, and the consumption of each nation amounted to 10,000,000 livres in 1800. Let us make the letters A, B, and C designate these three cantons. According to the system of the Economistes, and even to that of some mercantilists, consumption is the measure of reproduction, so that these three nations would be thought to enjoy the same level of prosperity. But we will see on the contrary that, given that consumption is constant, according as their industry is progressive or stagnant, and also according to the state of their external credit or debt, each of these nations can make a more or less advance on the necessary wages, and can enjoy larger or smaller revenue.

Tuesday, 10 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 21

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 98-99]

   Si la nation dont nous parlons, fait un commerce avec l’étranger, il pourra consister principalement dans l’échange de ses productions contre d’autres productions, sa consommation pourra être égale à la valeur des fruits de son travail annuel; mais elle pourra aussi échanger partie de ses marchandises contre des créance sur l’étranger, et prêter aux nations avec quelles elle commercera; ou au contraire elle pourra donner en retour contre les marchandises de l’étranger des créances sur elle-même; c’est-à-dire emprunter des nations avec lesquelles elle trafique. Dans le premier cas sa dépense sera égale à sa production moins le salaire nécessaire qu’elle avance et les prêts qu’elle a faits; dans le second elle sera égale à sa production jointe aux emprunts qu’elle a faits, moins le salaire nécessaire qu’elle avance. Cela doit être ainsi, puisque dans la première supposition il s’en faut de toute la valeur de ses créances que sa consommation égale sa production, et que dans la seconde, la consommation surpasse la production d’une valeur égale à celle de ses dettes.

[Translation]

   If the said nation carries on foreign trade, it is likely that the trade will consist principally of exchanges of its produce for other nations’ produce, and that its consumption will be equal in value to the produce of its annual labour. But it is likely, too, that the nation will exchange a part of its commodities for bills of credit on foreigners, and will supply loans to the nations with which it will trade, or, on the contrary, that the nation will exchange bills of credit on itself in return for foreign commodities, that is, will make loans from the nations with which it trades. In the former case, the expenditure of the nation will be equal to its production minus the necessary wages on which it makes an advance and the loan it has supplied. In the latter case, its expenditure will be equal to its production plus the loan it has made, minus the necessary wages on which it makes an advance. The calculation should be so, in the former case because the consumption would equal the production if the nation consumed more by the value of the external credit, and in the second case because the consumption is in excesses of the production by as much as the value of the external debt.

Monday, 9 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraph 20

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 96-98]

   Supposons une nation qui n’ait point habituellement de commerce extérieur, le produit de son travail sera conséquemment égal à sa consommation; car si elle produisoit [produisait] plus qu’elle ne peut consommer, ne faisant point d’exportation, une partie des fruits de son travail lui seroit [serait] inutile, il baisseroit [baisserait] de prix, et arrêteroit [arrêterait] la production pour l’année suivante. Malgré cet isolement, et cette égalité entre la production et la consommation, la balance entre les revenus et les dépenses, peut cependant être égale favorable, ou défavorable. Elle sera égale si les trois classes productives consacrent au salaire nécessaire une portion de richesse mobiliaire [mobilière] précisément égale à celle qu’elles lui avoient [avaient] consacré l’aimée précédente; car alors déduisant deux sommes égales, de deux quantités égales, savoir la consommation et la production, les restes seront égaux, la nation n’aura ni perdu ni gagné; un salaire nécessaire égal mettra en mouvement l’année suivante un travail égal, et le revenu sera le même. Elle sera favorable, si la dépense des trois classes productives est moindre que leur revenu; ce qui ne peut se faire que parce que le salaire nécessaire qu’elles avancent cette année est plus considérable que celui, qu’elles ont avancé l’année précédente; la consommation et la production étant égales, et toute la différence entr’elles étant que de la première il faut retrancher le salaire nécessaire de l’année passée, pour avoir le revenu, et de la seconde le salaire nécessaire de l’année courante pour avoir le dépense; un plus grand salaire nécessaire mettra cette année plus de travail en mouvement, et le revenu de l’année prochaine sera plus considérable. Si chaque année il se fait de même une économie sur les revenus, ceux de l’année suivante augmenteront progressivement; et les richesses de l’État iront toujours en croissant, sans qu’il ait besoin pour cela d’aucun commerce avec l’étranger. Enfin elle sera défavorable, la dépense des trois classes productives, surpasse leur revenu, car alors comme chaque année elles avancent un moindre salaire nécessaire, chaque année le revenu national décroîtra, sans que son déclin nécessite aucune exportation, on qu’aucune nation étrangère, en profite.

[Translation]

   Let us suppose that a nation does not usually carry on foreign trade, and the produce of its labour will be consequently equal to its consumption; since if the nation produced more than it can consume and did not export anything, a part of the fruits of its labour would be useless to the nation, would fall in price, and would depress the production for the following year. In spite of this separation and equality between the production and consumption, however, the balance between the revenue and expenditure can be equal, favourable or unfavourable. It will be equal if the three productive classes allot for the necessary wages a portion of movable wealth exactly equal to that allotted for them in the previous year. This is because, if you subtract two equal values respectively from the two equal values (the consumption and the production), you will have the differences equal, which means that the nation will neither win nor lose. If the necessary wages are constant, the same quantity of labour will be employed in the following year, and the revenue will remain the same. The balance will be favourable if the expenditure of the three productive classes is smaller than their revenue; this take place only when the necessary wages advanced for the year are larger than those for the previous year. The consumption and the production are equal, and all the difference comes from the fact that you can find the revenue by subtracting the necessary wages of the previous year from the consumption, while you can find the expenditure by subtracting the necessary wages of the current year from the production. In this case, a larger quantity of the necessary wages will employ more labour this year, and the revenue of the following year will be larger. If the nation economises on the revenue at the same rate every year, the revenue will progressively increase year by year, and the wealth of the state will always and gradually rise, with no need for revenue from foreign trade. Finally, the balance will be unfavourable if the expenditure of the three productive classes surpasses the revenue, since, as they advance a smaller quantity of the necessary wages every year, the national revenue decreases year by year, a decrease which necessitates no exportation, and which is of no benefit to any foreign country.

Sunday, 8 March 2009

Book 1, chapter 4, paragraphs 18-19

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 94-96]

   Les revenus et les dépenses de la société se présentent donc ici à nous sous un troisième point de vue; les premiers sont ceux d’une partie de la nation qui en est seule propriétaire, les secondes sont celles de la même partie de la nation qui fournit aux autres leur nourriture.
   Si les dépenses des trois classes productives surpassent leurs revenus, la nation doit indubitablement s’appauvrir; à moins que la classe improductive ne fasse sur le revenu qu’elle obtient, des économies aussi considérables que l’est le déficit à la balance des premières, et qu’elle ne replace dans la circulation autant de capitaux que celles-ci en auront retiré; or on n’a pas lieu de s’y attendre. Il n’est guère possible que les classes productives dissipent jamais leurs capitaux, à moins qu’elles n’y soient contraintes par la violence ou la ruse; c’est donc entre les mains de la troisième section de la classe improductive que passeront les capitaux qui leur seront enlevés. Cette section composée des suppôts d’un Gouvernement tyrannique, de brigands, et de voleurs, ne thésaurise jamais, parce qu’elle compte sur les mêmes moyens pour se procurer de nouveaux fonds, après que ceux qu’elle possède seront dissipés. Il semble que c’est ce qui arrivoit [arrivait] dans presque toutes les provinces de l’Empire Ottoman, et plus particulièrement en Egypte, où les Mammelues [Mamelues] dissipoient [dissipaient] par leur faste, non pas les revenus seuls, mais les capitaux des classes productives. Au reste ceux de la quatrième classe qui accumulent des richesses, soit qu’ils les fixent ou qu’ils les fassent circuler, entrent par le fait, et pour cette partie de leur fortune, dans une des classes productives, en sorte qu’ils sont compris dans notre balance générale (5).

[Translation]

   The revenue and the expenditure of society can therefore be seen here from the third point of view. The former is the revenue of a part of the nation, who are the only proprietors of the society, and the latter is the expenditure of the part, who provide the rest of the nation.
   If the expenditure of the three productive classes surpasses their revenue, the nation should certainly be impoverished. Admittedly it would be the case if the unproductive class had not economise so much on the obtained revenue, that the surplus of the former class may be equal to, or more than, the deficit of the latter classes, and if the former had not set back as much capital into circulation as the latter will withdraw from it. But there is no reason to expect such a thing to happen. It is hardly possible that the productive classes ever dissipate their capital unless they are forced to by violence or trickery. Therefore, if the capital of the productive classes is eroded, the decrement will get in the hands of the third section of the unproductive class. This section, composed of officials of a tyrannical government, brigands, and thefts, never hoards money, since the section depends, after the money in its possession is dissipated, upon the same means in procuring another sum of money. It seems that this happened in almost all provinces of the Ottoman Empire, and more particularly in Egypt, where mamelukes dissipated not only the revenue but also the capital of the productive classes for conspicuousness. Besides, those of the fourth class who accumulate some wealth, whether in the form of fixed capital or circulating capital, belong to one of the productive classes, due to the fact and for this part of their fortune, so that they are included in our general balance (5).