Wednesday, 25 February 2009

Book 1, chapter 3, footnote 05

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 70]

(5) Un lecteur peu attentif croira voir peut-être dans les exemples mêmes que je donne l’indication d’une proportion toute différente; il objectera que dans un pays riche les terres ne rendent que 3 ou 4 p.%, que d’autre part en général l’assurance du contrebandier se paye à raison de 10 p.%, mais c’est qu’il oubliera que le profit doit se calculer par rapport seulement au capital employé. L’agriculteur ne doit point gagner 6 p.% sur la valeur de sa terre, mais seulement sur le capital qu’il consacre â la mettre en culture; le contrebandier ne perçoit que 10 p.% sur le prix des marchandises qu’il fait entrer en fraude, mais son gain s’élève à plus de 30 p.% si on le compare à ses frais, et à la somme qui sert de nantissement aux négocian[t]s qui l’emploient.

[Translation]

(5) A reader, if hardly attentive, will probably believe that the very examples I give indicates an utterly different proportion. He will object that in a rich country land bears as little as 3 or 4%, and, on the other hand, that in general the guarantee of a smuggler is paid at a rate of 10%. However, you must note that he will forget that profit should be calculated only in relation to employed capital. The agriculturist must gain 6% not upon the value of his fields, but only upon the capital he allots for cultivation of them. The smuggler receives only 10% upon the price of illegally imported commodities, but his gain is as high as over 30%, compared with his costs and the sum which serves for mortgage to the merchants which employ it.

Book 1, chapter 3, footnote 04

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 65-66]

(4) Je suis surpris que le cit. Canard ait supposé le contraire (Princ. d’Éc. Polit. §. 49. p. 95.) et annoncé que l’accumulation du capital faisoit [faisait] aller en décroissant le désir ou le besoin d’appliquer ses fonds à l’amélioration des sources de rente. Je relèverai en passant une observation peu exacte du même auteur, qui paroît [paraît] l’avoir conduit à cette supposition; il remarque que les gens industrieux n’accumulent que pour jouir ensuite de leurs richesses et en faite parade; de là il paraît conclure (§. 53.) qu’ils finissent par dépenser tout ce qu’ils ont amassé; ce qui n’arrive point en effet. En général, l’homme industrieux se propose en travaillant d’acquérir une fortune suffisante pour vivre de ses rentes avec une aisance qui le satisfasse. Parvenu au but qu’il se fixoit [fixait] d’avance, il s’y arrête quelquefois; plus souvent son ambition s’étend avec ses revenus, mais quoiqu’on le voie aussi par fois céder à sa vanité, et pousser ses dépenses au-delà de ses moyens, il est presque sans exemple qu’il se soit dit en renonçant à l’ouvrage, je ne travaillerai plus, et je vais, non pas vivre de mes rentes, mais manger le capital que j’ai amassé.

[Translation]

(4) I am surprised that Canard, referred to above, should suppose to the contrary (Principes d'Économie Politique, §. 49, p. 95), and should announced that the accumulation of capital would put on the decline the desire and the want to apply capital stocks to the improvement of the sources of rent. Incidentally I will point out an observation of little exactness by the same author, which appears to have led him to that supposition; he remarks that the industrious accumulate their wealth only in order to enjoy and parade it later. He appears to conclude from this (§ 53.) that they end up spending all they have accumulated, an expenditure which has no effect. In general the industrious intend to acquire the sufficient fortune by labour to live on its rent in satisfactory comfort. Having reached the aim they set before, they do not infrequently stick to it. More often their ambition gets higher as their revenue, and, although you may as often see them yield to vanity and spend more than his means, it is seldom that retiring from their business they declare that they will not work any more, and that they will not live on their rent but eat the capital they have accumulated.

Tuesday, 24 February 2009

Book 1, chapter 3, footnote 03

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 63-64]

(3) Dans ce qui est absolument nécessaire à l’ouvrier pour vivre, il faut comprendre non-seulement ce qui est requis pour sa propre subsistance, mais encore les alimen[t]s qu’il doit fournir à ses enfan[t]s. Que la misère occasionne la mortalité parmi les hommes faits, ou qu’elle empêche que les enfan[t]s puissent naître ou puissent vivre, elle détruit également la population.

[Translation]

(3) Those which are absolutely necessary for the labourer to live must include not only those required for his own subsistence but also the foods he should provide to his children. Whether the misery raises the mortality among adults, or it prevents children from being born or surviving, it equally decreases the population.

Book 1, chapter 3, footnote 02

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 60-61]

(2) Cette doctrine est comme l’on voit en contradiction directe avec celle des économistes, qui prétendent que les propriétaires de terres jouissent d’une indépendance absolue à l’égard des capitalistes ou propriétaires de meubles; que la condition de ces derniers est nécessairement précaire, et que tout pouvoir politique est tout aussi nécessairement attaché à la possession de la terre: on pourroit [pourrait], disent-ils, supposer une ligue entre les propriétaires, pour exclure les capitalistes d’un pays, et ceux-ci seroient [seraient] obligée de s’y soumettre, à moins qu’ils ne violassent les loix [lois]; (Garnier, note XXXII. p. 306.) mais on pourroit [pourrait] aussi supposer l’exclusion complète des capitalistes, avec celle de tous leurs meubles, ou seulement l’anéantissement de toute propriété mobilière; et la conséquence nécessaire de cet anéantissement seroit [serait] que tous les propriétaires, soit qu’ils voulussent ou non violer les loix [lois], seroient [seraient] en cinq jours moissonnés par la famine, et que leurs propriétés se trouveroient [trouveraient] tout à coup privées de toute espèce de valeur.

[Translation]

(2) This doctrine is, as you see, in direct contradiction with that of the Economistes, who claim that landowners enjoy an absolutely independent status towards capitalists or owners of movables; that the condition of the latter is of necessity precarious, and that all political power is of equal necessity attached to landownership. You could, say the Economistes, suppose a coalition among landowners in order to exclude capitalists from a country, and the latter would be obliged to subject themselves to the country, if the former had not violated the laws (Garnier, note 32, p. 306). But you could also suppose that the former completely excluded not only the latter but also their movables, or only destroyed all their movables. From this destruction it would inevitably follow that the former would ruin themselves to famine in five days, whether they may or not want to violate the laws, and that their property would suddenly turn out bereft of any sort of value.

Book 1, chapter 3, footnote 01

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 57-58]

(1) Presque tous les ouvriers possèdent quelque petit fonds accumulé, avec lequel ils se font à eux-mêmes l’avance des objets à consommer pendant un jour ou une semaine, jusqu’à ce que leur salaire leur soit payé. Mais ce fonds à l’ordinaire ne leur suffit pas pour attendre que l’échange de l’objet qu’ils ont produit soit accompli: qu’il suffise ou non cependant, sa possession leur fait réunir en eux-mêmes une double capacité, ils sont en même tem[p]s capitalistes et ouvriers productifs, ce qui ne change rien aux principes développés dans le texte.

[Translaiton]

(1) Almost all labourers possess some small accumulated stock, with which they for themselves make an advance on objects to consume for a day or a week until the payment of their wages. But this stock is usually not sufficient to wait for the exchange of their produce to be made. Whether it may be sufficient or not, however, the possession of the stock makes them to have a double capacity; they are at once capitalists and productive labourers, a fact which does not modify at all the principles developed in the text.

Monday, 23 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraphs 26-27

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 79-80]

   Comme il arrive fréquemment que les diverses causes que nous avons énumérées, et qui déterminent le nombre et les besoins des emprunteurs et des prêteurs, se balancent entr’elles, il en résulte le plus souvent que ces deux classes se partagent par égales portions les profits du commerce, si bien que lorsque l’intérêt est à cinq pour cent, on peut supposer que le profit habituel du manufacturier ou du négociant est de dix pour cent; mais quelques unes des causes morales que nous avons indiquées, se réunissent dans plusieurs pays, en Espagne par exemple, pour rabaisser très-fort l’intérêt du capital relativement au profit du commerce.
   Il convient de rappeler une dernière fois que le capital qui circule aussi bien que celui qui se prête, n’est point de l’argent monnoyé [monnayé], mais des marchandises à l’usage de l’homme, fruit de son travail, échangeables contre un travail nouveau, et qui sont quelquefois, mais pas toujours, représentées par du numéraire. Il arrive très-fréquemment dans le commerce, qu’une commandite, une mise en fonds, un crédit, s’effectuent en marchandises et non pas en argent. Il arrive tout aussi fréquemment chez les cultivateurs, que les avances du propriétaire au colon, se font en grains, en fourrages, en bétail, et en instrumen[t]s aratoires; l’effet est cependant précisément le même; toutes les fois qu’un capital est mis en circulation, peu importe que les espèces en soient ou non le signe, le travail commence, et la production remplace avec bénéfice la consommation.

[Translation]

   Since it frequently happens that the diverse causes which we have enumerated, and which determine the number and the needs of borrowers and lenders, cancel out one another, it the most often leads to the effect that the two classes share the profit of commerce in equal proportion. Therefore, when the interest is 5%, you can suppose that the usual profit of manufacturers and merchants is around 10%. But some of the moral causes we have suggested conspire in several countries such as Spain, to lower the interest of capital sharply in comparison to the profit of commerce.
   It is convenient to remind you once and for all that the circulating capital as well as the loaned capital consists not in money but in commodities for human use, or the produce of human labour, which can be exchanged for new labour, and which is sometimes if not always represented in terms of specie. It is very frequently in commerce that finance, investment, and credit are carried out in form of commodities, not of money. It is precisely as frequently in agriculture that the advance of landowners to cultivators takes form of grains, forage, livestock, and farming tools. Still the effect is precisely the same; every time a capital is put into circulation, irrespective of whether it may take form of sign or not, the business gets started and the production replaces the consumption to benefit.

Sunday, 22 February 2009

Book 1, chapter 3, paragraphs 24-25

[De la richesse commerciale, Sismondi, 1803, Original, 77-79]

   On peut bien en général considérer la diminution de l’intérêt comme un signe de prospérité nationale, soit parce qu’elle indique une augmentation de richesse circulante, soit parce qu’elle donne lieu de supposer que le profit mercantile a diminué dans la même proportion, et que dans le partage qui se fait entre l’ouvrier et celui qui l’employe, le premier a gagné ce que le second a perdu, en sorte que la classe la plus nombreuse et la plus intéressante de la société n’est pas réduite à l’absolu nécessaire par le profit des capitalistes. Cependant il peut fort bien arriver aussi que l’intérêt se soutienne au même taux, ou même qu’il augmente, sans que cette altération soit le signe d’une diminution de valeur des capitaux nationaux; elle indique seulement qu’un marché plus étendu, un commerce plus vaste, se sont ouverts à la nation; qu’appelée à une industrie plus active, il lui faut plus de fonds pour la mettre en mouvement et qu’en conséquence le profit a pu augmenter sans que le salaire ait éprouvé de diminution.
   L’intérêt est resté en France pendant plus d’un siècle, et depuis le tem[p]s de Colbert jusqu’à l’époque de la révolution, aux environs de cinq pour cent. Cependant les capitaux françois [français] s’étoient [étaient] considérablement accrus durant cet intervalle, mais ils étoient [étaient] appelés à maintenir une industrie toujours plus étendue, et à donner de l’activité à un commerce toujours plus vaste: pour que l’intérêt des fonds baissât en France, il auroit [aurait] fallu que l’augmentation de sa richesse fût plus rapide que l’extension donnée à son industrie. Mais lorsqu’un État est encore loin d’arriver au faîte de la prospérité il s’ouvre chaque jour pour lui de nouvelles branches d’industrie et de commerce, et bien que ses capitaux aillent en augmentant, ses besoins augmentent quelquefois plus rapidement encore; or les profits du commerce, et l’intérêt des fonds, suivent la progression de ces derniers. C’est ce qui arrive d’une manière bien évidente dans les États-Unis d’Amérique, où l’intérêt et le profit mercantile n’ont subi aucune diminution, malgré la rapidité extrême de l’accroissement de la fortune publique.

[Translation]

   You may well generally consider a fall in interest as a sign of the national prosperity. This is the case, both when it implies the increase of the circulating wealth, and when it suggests that the mercantile profit has fallen in the same proportion, and that in the division made between labourers and their employers the former have gained what the latter have lost. In the latter instance the class which is larger in number and shares more interests with the whole society lives more or less above the absolute subsistence level with some of the profit capitalists give up. However, it is also likely that the interest rate remains the same, or increases, an alteration which is no sign of fall of value of the national capital; it only suggests that a more extensive market and vaster commerce have been opened to the nation; that, called into more active industry, the nation needs more stock to display the industry, and that consequently the profit has possibly increased with no fall in wages.
   In France the interest was around 5% over a century, since the time of Colbert until that of the revolution. Although the French capital considerably increased in this period, it was appropriated for maintenance of an ever extending industry and activation of an ever extending commerce. To lower the interest of money in France, it would have been necessary that the wealth should grow more rapidly than her industry grew. But when a country is still far from the peak of prosperity, some new branches of industry and commerce emerge before her every day, and even though her capital gradually increases, the needs for it sometimes still more rapidly increase; and then the profit of commerce and the interest of money rise at the same time as commerce and monetary stock make progress. This comes about in a way evidenced in the United States of America, where the interest and the mercantile profit have never fallen, in spite of the extreme rapidity with which the public fortune has been growing.